Output-vs-Outcome-Product-Management-rybenconsulting.fr-target

Outcome vs Output en Product Management : Arrêtez de livrer de la feature, visez l’impact !

|

On a tous connu cette sensation.

Ce petit shoot de dopamine quand on coche une case dans Jira. Cette fierté (un peu mal placée) de voir une roadmap remplie de barres colorées qui s’étalent sur six mois.

En 15 ans de métier, j’ai vu des « Product Factories » tourner à plein régime, produisant des fonctionnalités comme des petits pains.

Mais voilà le problème : on peut livrer une application magnifique, techniquement parfaite, et… ne pas faire bouger d’un iota le chiffre d’affaires.

Output-vs-outcome

Bienvenue dans le dilemme éternel du Product Management : l’Output contre l’Outcome. Si vous voulez passer de « celui qui gère des tickets » à « celui qui génère de la valeur », cet article est pour vous.

1. La Dictature de la To-Do List : Pourquoi on adore l’Output (et pourquoi c’est un piège)

L’Output, c’est ce que vous construisez. C’est le livrable tangible. Le truc que vous mettez en prod.

Une nouvelle barre de recherche, une refonte de tunnel d’achat, ou cette fameuse intégration IA dont tout le monde parle à la machine à café.

Pourquoi est-ce si séduisant ? Parce que c’est facile à mesurer.

  • « On a livré 12 features ce trimestre. »
  • « Le sprint est terminé à 100%. »
  • « L’app est en prod. »

C’est rassurant pour les parties prenantes. On a l’impression d’avancer. Mais comme je l’ai appris en gérant des P&L de 50 millions d’euros, la vélocité de votre équipe de dev ne garantit absolument pas votre ROI.

On peut être très efficace à construire quelque chose dont personne ne veut. C’est ce qu’on appelle « construire la chose correctement » au lieu de « construire la bonne chose ».

Travailler uniquement sur l’Output, c’est comme être un chef cuisinier qui se vante d’avoir sorti 200 plats en une heure, sans jamais demander si les clients ont aimé ou s’ils ont fini leur assiette.

Spoiler : si les assiettes reviennent pleines, vous allez fermer boutique, même avec la meilleure brigade du monde.

2. L’Outcome : La seule boussole qui compte vraiment en Product Management

L’Outcome, c’est le changement de comportement chez vos utilisateurs qui crée de la valeur pour votre business. Ce n’est pas la fonctionnalité en soi, c’est le résultat qu’elle produit.

Outcome-vs-Output

Prenons un exemple concret de mon passage chez Veepee. L’Output, c’était la refonte des pages catalogue.

Mais l’Outcome visé (et atteint !), c’était le doublement du taux de conversion, passant de 5,5% à 11,3%. On ne cherchait pas juste à faire du « joli », on cherchait l’impact massif sur le business.

Pour piloter par l’Outcome, il faut accepter une part d’incertitude. On ne dit plus : « Je vais construire X », mais « Je vais résoudre le problème Y pour obtenir le résultat Z ».

C’est là que la magie du Product-Led Growth opère. En se concentrant sur les Unit Economics et les objectifs ROIstes, on arrête de deviner et on commence à valider.

Note : Pour approfondir cette culture du résultat, je vous conseille vivement de lire les travaux de Marty Cagan sur SVPG, la référence absolue pour transformer une « Feature Factory » en une véritable équipe Produit.

3. Comment passer de « Livreur de pizza » à « Product Leader » ?

Si vous êtes consultant, votre mission est de faire pivoter l’organisation vers cette culture de l’impact. Ce n’est pas facile, surtout face à des stakeholders allergiques au risque. Voici quelques pistes pour initier le changement :

Adoptez les OKR (Objectives and Key Results)

Ne définissez plus vos succès par la complétion d’une roadmap, mais par l’atteinte de résultats clés mesurables.

Si votre objectif est d’automatiser le support client via une IA conversationnelle (comme ce que j’ai mis en place récemment), votre succès n’est pas « l’IA est en ligne », mais « le volume d’appels a baissé de 30% ».

Favorisez le « Dual-Track Agile »

Le Product Management, c’est 50% de Discovery et 50% de Delivery.

Avant de coder (Output), validez votre hypothèse (Outcome) par des tests utilisateurs et de la data. C’est ce qui permet de réduire la friction, comme nous l’avons fait chez Yomoni pour l’onboarding client.

Parlez le langage du Business

Arrêtez de parler de « user stories » ou de « backlog » en réunion de direction. Parlez de taux de conversion, de churn, d’ARR et de coût d’acquisition.

C’est ainsi que vous gagnerez la confiance pour mener des projets à haute valeur ajoutée.

En conclusion : L’impact est votre meilleure publicité

Que vous soyez une startup cherchant son Product-Market Fit ou un grand compte en pleine transformation digitale, la question reste la même : à la fin de la journée, qu’avez-vous réellement changé pour votre client ?

Le rôle d’un Lead Product, c’est d’être le gardien de cette valeur. C’est parfois inconfortable, car cela demande de dire « non » à des idées brillantes mais inutiles, pour se concentrer sur ce qui fait vraiment bouger l’aiguille.

Vous avez besoin d’un regard extérieur pour auditer votre stratégie produit et transformer vos outputs en véritables outcomes ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *